Table des matières
Cette présentation, restreinte à l'aire occidentale, est inspirée de [Rosmorduc 1998].
Les documents dont nous disposons avant l'utilisation de l'écriture sont essentiellement des restes d'objets et de bâtiments. Ils ne nous renseignent guère sur les conceptions, matière dont est fait la science. Pour l'essentiel, l'histoire de la science commence avec l'écriture.
Les premiers documents dans ce domaine (papyrus, tablettes d'argile) décrivent des méthodes pratiques de résolution de certains problèmes.
Période marquée par une volonté de rationaliser, de systématiser, tant dans le domaine scientifique que philosophique. Sciences et techniques se trouvent discociées, de ce fait. L'époque produit de grands traités mêlant observation, voire enquête (historia, en grec), et relations conceptions communes. Le grec est la langue des lettrés.
Ptolémée Ier Sôter, roi grec d'Égypte, fonde le Musée à Alexandrie. Appuyé à une fantastique bibliothèque (immense et, pour la première fois, systématique), le Musée attire les plus grands savants de l'époque. Il est doté de fonds importants, de laboratoires et d'un observatoire. Le grec est toujours la langue de la science mais des traités existent en latin ou en persan.
La science arabe, sous le règne florissant des Omeyyades (661-752) et des Abassides (750-1258), prolonge la science hellénistique et incorpore les apports perses et indiens, principalement, d'abord par la traduction puis selon un développement original. C'est grâce à ses échanges avec la civilisation arabe que la science naitra dans le moyen-âge chrétien.
Avec la Renaissance, la science rejette peu à peu l'autorité de principe et recours de plus en plus systématiquement à l'expérimentation. Les sciences de l'univers s'éloignent du simple qualitatif pour aller vers le quantitatif, grâce à une conception systématique de la mesure, d'où une mathématisation progressive des théories scientifiques, de leur langage. La langue véhiculaire est le latin puis les principales langues vernaculaires : français, italient, anglais.
En prolongement de la philosophie chrétienne, la philosophie dominante de la science est déterministe. Le siècle des lumières impose une identification du progrès des sciences et techniques et du progrès matériel et moral de l'humanité. À la fin du 19e siècle, cette conception évolue vers le scientisme et le modernisme.
Depuis le 19e siècle la science fait face à une explosion considérable de son savoir, à un foisonnement sans précédent, qui bouleverse notre manière de voir le monde : évolution et biologie moléculaire, relativité et mécanique quantique, tectonique des plaques, anthropologie, psychologie,... Les cadre anciens ont du être considérablement remaniés. La langue véhiculaire devient l'anglais.
À cause de cette accélération, difficile à suivre, et de l'accumulation du nombre d'effets néfastes (vache folle, dégradation de l'environnement, etc.), voire dangereux (gaz de combat, bombe atomique, etc.), des techniques conçues grâce aux nouveaux savoirs, la Science n'apparaît plus comme une panacée. Le savoir et l'évolution technique ne sont plus identifiés au progrès en général. Pour autant, la vie quotidienne est baignée d'éléments technologiques manifestement issus de la science de pointe (technologies numériques, télécommunications, etc.).
Comme dit [Rosmorduc 1998], l'institution scientifique est « l'ensemble des gens qui « font la science », la manière dont cette science est produite (c. à d. la recherche), dont elle est transmise (l'enseignement des sciences) et la place de cet ensemble dans la société. »
Principalement : antiquité classique (7e s. AEC → 4e s. AEC), moyen-âge ancien (4e s. → 11e s.), renaissance et époque moderne (15e s. → 18e s.).
Le savant est un "artiste" relativement isolé, éventuellement entouré de quelques disciples. Le financement relève essentiellement du mécénat.
Principalement : Alexandrie hellénistique (4e s. AEC → 4e s. EC), moyen-âge scholastique (11e s. → 15e s.).
Le savant est un "artisant" intégré à des structures régulières, dotées financièrement et attachées au pouvoir politique.
Depuis le 17e siècle, les échanges relèvent de moins en moins du courrier entre individus. Les revues, sociétés savantes, académies des sciences et universités se structurent peu à peu, à des moments différents selon les disciplines (dans certaines disciplines, il faudra attendre le 20e s.). La scolarité se généralise et l'enseignement des sciences est systématiquement mis en place. Peu à peu l'État prendra une place déterminante dans la recherche scientifique (ministère de la recherche, grands instituts, etc.).
La « big science » contemporaine : Depuis le milieu du 20e siècle (seconde guerre mondiale), les sciences de la nature font de plus en plus appel à de très grands équipements que seuls peuvent financer les états les plus riches. Pour certains d'entre eux la collaboration doit même être internationale, voire mondiale.